Dans un coin vallonné de l’Aveyron, une éleveuse transforme une passion en projet professionnel. Vous découvrez comment Amandine Gastal conjugue élevage ovin et sélection génétique pour produire des chiens de conduite robustes et fiables. Le résultat? Des beaucerons reconnus, entraînés et suivis sur le long terme.
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Naissance d’une passion pour le beauceron
Tout commence en 2006, quand la ferme accueille sa première chienne beauceron. Amandine garde le cap. À 19 ans, elle achète Élan, son premier chien avec pedigree. Ce nom devient l’affixe de l’élevage: la Bergerie d’Élan. C’est le point de départ d’un projet qui mêle affect et méthode.
Du troupeau aux chiens: une même logique de sélection
Au Gaec des Coulons, on élève 700 brebis lacaunes, 60 suffolks et six vaches. Le troupeau est déjà en sélection. Amandine transpose ces principes au chien. Elle choisit les reproducteurs selon le standard, la santé et l’aptitude au travail. Les parents passent des radios des hanches et des coudes et un test de surdité.
Cette rigueur garantit des chiots avec pedigree. Pour elle, la sélection n’est pas seulement génétique. C’est aussi choisir des chiens aptes au dressage et résistants sur le terrain.
Pourquoi choisir un beauceron pour conduire un troupeau ?
Le beauceron est le plus grand chien de berger français. Il impressionne par sa taille et sa présence. Cette silhouette rassure dans les zones isolées et sert aussi de dissuasion pour les prédateurs ou les intrus.
Moins précis qu’un border collie, le beauceron compense par sa polyvalence. Un seul chien peut parfois suffire pour conduire 700 brebis. Il est proche de son maître et cherche à lui faire plaisir. Bien dressé, il devient un atout pour de grands lots.
Organisation et taille de l’élevage
L’élevage reste volontairement à taille humaine. La Bergerie d’Élan compte une dizaine de beaucerons. Parmi eux, quatre à cinq femelles sont reproductrices. Le reste comprend de jeunes chiennes et des retraitées.
Les chiennes sont en chaleur tous les six mois et ont généralement une portée par an. Les saillies se font avec des mâles extérieurs, choisis pour leur pedigree et leur conformité au standard.
Vente, dressage et accompagnement
La Bergerie d’Élan vend entre 30 et 40 chiots par an. Les chiots partent à l’âge de deux mois, au prix moyen de 1 700 euros TTC. La clientèle est souvent professionnelle: éleveurs de brebis, de vaches, de chèvres, parfois à l’étranger. Environ 50 à 70 % des chiots rejoignent des troupeaux.
Les éleveurs reçoivent des chiens déjà initiés aux ordres de base. Amandine insiste pour que l’éleveur participe au dressage. Vous progressez ainsi avec le chien. En général, un beauceron est opérationnel au bout de deux à trois ans.
Et le service ne s’arrête pas à la vente. Amandine assure un suivi tout au long de la vie du chien. Elle répond aux questions, reprend un chien si nécessaire et propose de le replacer ou de le garder sur la ferme. Recevoir un appel dix ans plus tard pour commander un nouveau chien reste pour elle la plus belle récompense.
Complémentarité économique et engagements
L’atelier canin est viable grâce à l’activité ovine lait. Les 700 brebis lacaunes sont traites de septembre à mai. Le lait part pour l’AOP Roquefort, via la laiterie Papillon. Sans cette base, la sélection canine ne serait pas forcément rentable.
Amandine coordonne plusieurs rôles: associative, gestion du Gaec et responsabilités locales. Deux à trois chiens assistent quotidiennement le travail des associés et salariés.
Reconnaissance et perspectives
En treize ans, la Bergerie d’Élan remporte un beau palmarès. L’élevage a été élu deux fois meilleur élevage de beaucerons de France. En 2025, trois chiens décrochent le titre de champions de France conformes au standard. Et cette année, l’élevage est sélectionné pour le Salon de l’Agriculture.
Ces distinctions valident une méthode: associer sélection génétique, dressage et suivi. Si vous cherchez un chien de conduite robuste, fidèle et suivi sur le long terme, la Bergerie d’Élan offre un choix réfléchi et éprouvé.


